S É M I N A I R E S

 

Pensez les vieillesses : Programme 2012-2013

CORPS À VIVRE,
CORPS À DIRE

A3_PLV_2012-2013.pdf

| ACCÈS LIBRE
| RENSEIGNEMENTS : cdcs@ulb.ac.be | 02/650.33.61
| LIEU : Institut de Sociologie ULB | Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles
| Salle Henri Janne (15e niveau)

 

 

Dans la peau d'une femme : le vieillissement vu du corps
Au cours de cette communication, Enguerran Macia analysera le vieillissement des femmes, non pas au travers des classiques transitions de vie ou rôles des aînés, mais au travers de l'épaisseur de la chair, de la perception des transformations corporelles, des modes de résistance des femmes face à ce processus physiologique dégénératif et aux discours normatifs prescrivant de rester, ou tout du moins d'avoir l'air, jeune. Quels sont, pour les femmes vieillissantes, les changements physiologiques attribués à l'avancée en âge? Comment sont-ils vécus? Quelles sont les stratégies mises en place pour limiter l'empreinte du temps sur, et dans, le corps? Comment les femmes composent-elles avec les messages normatifs prescrivant de rester jeune? Les femmes, en vieillissant, ressentent-elles une rupture entre un corps vieillissant et une identité «sans âge»?
Profondément ancrée dans le terrain et l'expérience du vieillir des femmes, cette étude présente la double originalité de rendre aux femmes vieillissantes une parole trop souvent confisquée et de constituer une analyse bio-psycho-sociale d'un processus éminemment complexe, trop souvent morcelé par les scientifiques : le vieillissement humain. Au terme de l'analyse, nous saisirons pourquoi et comment les femmes vieillissantes réinventent - ni plus ni moins - les modalités du vieillir ici et maintenant.

Lundi 27 mai 2013 de 12 à 14 heures

 


Vieillir gay - Des lieux de drague au circuit festif : espaces du plaisir à l'épreuve du temps
Les sexualités gays se réduisent difficilement à l'acronyme HSH (Hommes ayant une Sexualité avec des Hommes) véhiculé par les recherches qui se sont fortement développées au temps du sida. Celles-ci ont surtout décrit la vulnérabilité tant biologique qu'identitaire des catégories les plus jeunes de cette «population», et leur exposition à de multiples risques. Simultanément, les revendications pour l'égalité en droit ont encouragé l'étude de la normalisation conjugale, et des acteurs publics de telles mobilisations, souvent au détriment des questions liées au désir, au corps ou à la sexualité.
En prenant pour appui deux enquêtes ethnographiques récentes(1), nous verrons comment ces orientations de recherche ont contribué à masquer la forme à la fois secrète et notoire d'une sexualité des aînés, non seulement entre eux, mais aussi l'essentiel de ses dynamiques intergénérationnelles : on décrira plus particulièrement la relation entre rencontres homosexuelles et territoires dans l'espace public de nuit ou de jour, et le rôle des «anciens» dans le maintien durable d'une socialisation sexuelle au masculin, y compris à l'écart des villes et d'un anonymat supposé émancipateur.
À ces transactions homosexuelles au long cours jusque dans des villages du sud de la France, on opposera les observations menées dernièrement dans un circuit festif gay transnational en Europe (Paris, Bruxelles, Cologne, Amsterdam, Barcelone, Madrid, Berlin) : comment analyser la venue récente au multipartenariat sexuel, aux usages concomitants de psychotropes (licites ou illicites), et globalement, à la fête, d'hommes post-quarantenaires ?
On reviendra ici aussi sur l'histoire collective de l'épidémie : non plus simplement celle des experts de l'urgence socio-sanitaire ou de la lutte contre les discriminations, mais celle qui traverse les usages culturels du plaisir, souvent retrouvé à l'heure d'un vieillir avec le VIH.

(1) Chronique territoriale du désir entre hommes dans le sud de la France, Thèse de Doctorat en Sociologie et Sciences Sociales (Toulouse, 2006). «La construction de la compulsivité sexuelle, des addictions et des risques multiples chez les hommes gays», Recherche postdoctorale sur le milieu festif gay européen, la sexualité et les usages de psychotropes (Bourse Jeunes Chercheurs Sidaction, 2009-2011).
Jeudi 25 avril 2013 de 12 à 14 heures

 


«Comme à la maison». Éthique domestique et sens de l'humanité commune chez les soignantes en gériatrie
"Dans beaucoup de discours contemporains, notamment parmi ceux qui se nourrissent de psychologie sociale ou culturelle, reconnaître l'Autre, c'est reconnaître son 'altérité' et l'accepter dans sa 'différence'. Cette forme de reconnaissance est étroitement articulée à la valorisation des "identités". Or, dans notre société, l'altérité d'un vieillard atteint de la maladie d'Alzheimer, voire celle de l'auxiliaire de vie sociale à la peau foncée qui s'en occupe, sautent suffisamment au visage des individus blancs jeunes ou d'âge moyen qui, en règle générale, tiennent les rennes, pour que nous puissions nous passer du concept d'altérité. Il ne s'agit pas de remettre en question sa valeur sui generis mais ses usages sociaux et les prescriptions bien pensantes "d'acceptation de la différence" qui masquent à peine de féroces tentatives de normalisation : nous voulons de préférence des vieux pas trop libidineux et quand même un peu présentables, des auxiliaires non voilées et bien élevées, etc. Quant à l'identité, avoir la maladie d'Alzheimer n'en fournit pas une et nettoyer les WC non plus.
Aussi, ce qui fait problème en gériatrie n'est-il pas la reconnaissance de l'altérité, ni de l'identité, mais la construction d'un sens de l'humanité commune. Ce sens n'est ni prescrit, ni prescriptible, il est une création d'humanité. Comment les soignantes font-elles pour y arriver ? Et pourquoi avons-nous plus besoin de confiance que de reconnaissance ?"

Lundi 25 mars 2013 de 12 à 14 heures

 


Veuvage et sexualité(s) chez les femmes après 60 ans
Veuvage des femmes après 60 ans et sexualité apparaissent souvent comme incompatibles. Cela repose notamment sur l'éducation que les femmes nées entre 1936 et 1952 ont reçue et qui ne faisait guère de place à la sexualité, la cantonnant au mariage. A ce fait s'ajoutent des représentations sociales malveillantes envers la sexualité des veuves, comme celle considérant que les femmes ménopausées ne sont plus désirables. Enfin, il ressort des statistiques que le veuvage chez les femmes après 60 ans implique la fin de la vie sexuelle dans la majeure partie des cas. Nous avons cherché à en savoir plus à travers des entretiens en profondeur conduits auprès de cette catégorie de la population. L'étude de Plaud et Sommier leur a permis de constater que la réalité est beaucoup plus nuancée et que le veuvage féminin après 60 ans ne rime pas nécessairement avec a-sexualité.
Jeudi 19 février 2013 de 12h à 14h

 


La construction sociale de la ménopause : quels acteurs ? quels mécanismes ? quels effets ?
En soi, la ménopause n'existe pas. Elle est construite par des représentations sociales, des normes et des pratiques. Nous proposons d'analyser la construction sociale de la ménopause en Occident, et plus précisément, d'en mettre en lumière les acteurs, d'appréhender les mécanismes qui la sous-tendent et de comprendre les effets qu'elle produit. Nous nous pencherons, dans un premier temps, sur le discours des acteurs qui participent de la construction de la ménopause : le discours médical, médiatique et publicitaire. A partir de l'analyse d'un corpus de textes et d'images, nous mettrons au jour les représentations associées au corps ménopausé et à la figure de 'la femme ménopausée'. Dans un second temps, nous analyserons la manière dont le sceau de la médicalisation marque l'expérience des femmes. L'analyse d'entretiens menés avec des femmes ménopausées nous permettra de comprendre dans quelle mesure le fait que la ménopause se place sous l'égide de la médecine oriente le sens qui lui est donné et la manière dont elle est vécue. Enfin, au regard de recherches menées par des anthropologues en Asie et en Afrique, nous analyserons le traitement social occidental des femmes ménopausées comme signe de difficultés à penser le féminin hors de la fécondité de manière habilitante. Dès lors, nous nous confronterons aux enjeux liés à la place pratique et symbolique accordée au vieillissement féminin.
Jeudi 22 novembre 2012 de 12h à 14h

 


Corps et image du corps : lieu de (re)construction identitaire
Les études portant sur l'identité intéressent généralement les sociologues du vieillissement. Ces travaux optent le plus souvent pour une continuité, donc une maintenance de l'identité. Cependant, le rapport au corps reste inexistant. Cette manière de faire éclaire l'ambivalence du vieillissement où il faut dissimuler son âge (visible d'abord par le corps) pour continuer à exister et à être reconnu par autrui. Or, des auteurs comme Douglas et Goffman montrent que les interactions nouées quotidiennement dans différents contextes restent un facteur essentiel. Dans cette perspective, le corps trouve une place essentielle. Si, dans les récits autobiographiques, la personne peut - ou laisse - croire qu'elle est restée la même ; au cours des interactions, les manifestations du corps sont directement interprétées par les personnes proches et, en retour, réinterprétées par chacun. L'apparence devient une réalité de soi.
D'où la nécessité de mobiliser les travaux de la phénoménologie et ceux de la psychanalyse pour parler du Soi. Les concepts d'image du corps, d'image de soi, du sentiment du Moi, de sensation de soi, seront interrogés sans oublier que le corps est un « processus », un construit social, culturel et individuel.

Jeudi 18 octobre 2012 de 12h à 14h
 

 



ARCHIVES

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