S É M I N A I R E S

 

PENSEZ LES VIEILLESSES : PROGRAMME 2013-2014

ICI, AILLEURS,
AUTREFOIS, AUTREMENT

A3_PLV_2013-2014_complet.pdf (1.9 Mo)

| ACCÈS LIBRE
| RENSEIGNEMENTS : cdcs@ulb.ac.be | 02/650.33.61
| LIEU : Institut de Sociologie ULB | Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles
| Salle Henri Janne (15e niveau)

Les séminaires s'adressent aux chercheurs, enseignants, étudiants, ainsi qu'à tout professionnel concerné par ces questions ou citoyen curieux. Chaque séance est conçue de manière autonome et libre d'accès.

 

 

L’abandon des personnes âgées par leurs proches : la construction d’un mythe
Durant la seconde moitié du vingtième siècle et jusqu’aux années 2000, les familles ont été longtemps soupçonnées de se désintéresser du sort de leurs parents âgés, voire de les abandonner, condamnant ceux-ci à une situation de précarité et/ou d’isolement. Les raisons en auraient été principalement la montée des égoïsmes et le développement de la solidarité collective via l’Etat social, ce qui aurait incité à la déresponsabilisation des familles. Ces représentations ont été portées par des associations familiales militantes rappelant les familles à leur devoir moral qu’elles auraient oublié. Ces visions ont été aussi un temps légitimées par les sciences sociales, en particulier les travaux de sociologie de la famille, qui ont annoncé la fin des solidarités familiales, et par certains démographes qui ont construit leur raisonnement sur des artefacts statistiques.

L’enjeu de cette intervention sera non seulement de déconstruire ces représentations mais aussi de les confronter au réel et d’en évaluer leurs effets à long terme. Elles ont en effet fortement marqué les politiques publiques, particulièrement en France, où la cohabitation intergénérationnelle n’a été que très tardivement encouragée et les aidants familiaux très longtemps oubliés tandis que leurs propres souffrances et épuisement étaient en grande partie ignorés.

Mardi 6 mai 2014 de 12 à 14 heures


 

Le Japon face au vieillissement démographique : quelles expériences, quels enseignements ?
Le Japon connaît depuis 2005 une situation démographique sans précédent, avec deux tendances fortes : gérontocroissance, soit augmentation du nombre de personnes âgées d’une part, et diminution de la population d’autre part, doublées de profondes mutations sociales.
La situation japonaise actuelle inaugure sans doute une tendance générale aux pays industrialisés vieillissants, faisant du pays du soleil levant un laboratoire mondial. Cette présentation fera le point sur les expériences japonaises. On analysera les modalités du vieillissement démographique et les différentes postures adoptées face à ce processus, du déni à la mobilisation de cette tendance comme moteur d’innovation. On s’intéressera en particulier aux effets spatiaux du vieillissement, c’est-à-dire à la manière dont la cité répond à cette évolution. On tentera enfin d’établir des parallèles avec la situation européenne.

Vendredi 18 mars 2014 de 12 à 14 heures


 

Vieillir ailleurs et autrement : "effets de milieu" dans les espaces ruraux
Si les représentations et les modèles dominants de vie à la retraite sont issus des pratiques urbaines des retraités, plus d'un tiers de la population des plus de 60 ans vit, en France, dans des territoires qualifiés comme espaces ruraux. Les mutations économiques, les transformations urbaines ont généré une recomposition du milieu rural, qui affecte tant ses contours géographiques que les caractéristiques et les pratiques sociales des populations qui y résident. Villes et campagnes s'interpénètrent en certains lieux, des migrations de populations peuvent être observées et une certaine mobilité contribue au désenclavement des territoires. Le monde agricole, ses formes de vie et ses valeurs, se confronte désormais avec des populations socialement et culturellement différentes. Des usages diversifiés de l'espace se développent.

Cependant, malgré ces transformations, une spécificité des pratiques quotidiennes et de l’expérience du vieillissement se révèle dans les espaces ruraux. Qu’il s’agisse des formes relationnelles, des modes de solidarités, de la participation des retraités à la vie locale, ou encore du sens conféré à la maladie ou à la dépendance, une certaine distance avec les pratiques urbaines se fait jour (Gucher, 2009). Plus encore, la mise en récit du parcours de vieillissement apparaît, à maints égards, teintée d’originalité, au sens de moindres références aux items dominants de la dépendance, de l’isolement et de la disqualification sociale notamment, qui émaillent plus régulièrement le discours des urbains. Il importe alors de comprendre quels sont les schèmes organisateurs des parcours de vie au fil du vieillissement et dans la vieillesse. Avec la notion "d'effets de milieu", nous proposons de saisir le vieillissement dans les territoires ruraux à partir d’une analyse de l’espace, en tant que facteur influent susceptible de cristalliser et de potentialiser des ressources et les contraintes – géographiques, climatiques, physiques et humaines – mais aussi en tant que terrain modelé par la présence renouvelée des hommes qui l’habitent.

Lundi 24 février 2014 de 12 à 14 heures


 

Les baby-boomers : une génération spécifique ?
À la fin des années 1960, les générations nées après guerre élevées selon des normes familiales ancrées dans le XIXe siècle, sont porteuses de nouvelles valeurs de liberté et d'indépendance. Certains prédisaient dès lors la mort de la famille. Qu'en est-il réellement ?
Les baby-boomers ont-ils constitué une génération spécifique en instaurant de nouvelles relations au sein de la famille ? Cette question est d'autant plus fondamentale que les enfants du baby-boom se trouvent confrontés démographiquement à une situation inédite ; l'augmentation de l'espérance de vie fait qu'une partie d'entre eux ont encore un parent vivant. Ils doivent faire face à la vieillesse de leurs ascendants tout en étant dans l'obligation, vu le contexte économique, d'aider leurs enfants à s'insérer sur le marché du travail et du logement. Dès lors, les générations du baby-boom peuvent-elles répondre à ces demandes sans renoncer aux valeurs des sociétés modernes nées de l'individualisation telles que la liberté et l'épanouissement personnel ?

Mardi 3 décembre 2013 de 12 à 14 heures


 

La retraite des classes aisées : entre invisibilité et pratiques distinctives. L'invisible retraite du «gotha» helvétique : réflexion méthodologique et analyse descriptive
Retour aux sources vers ce qui était leur territoire d'origine, fracture de vie, impossibilité en terme de pouvoir d'achat à vivre dignement en France, ... des retraités français migrent vers le soleil des pays du Maghreb.
Ce qui est présenté comme un phénomène médiatique pose au long terme la question du manque de structures adaptées, médicalisées lors du passage du troisième au quatrième âge dans ces pays où la culture rejette la création de "maison de retraite".
Cette recherche, par réflexivité, interroge notre propre société dans son rapport à l'individu vieillissant, aux structures familiales "modernes" incitant l'individu à migrer pour ne pas avoir à dépendre, de ses enfants, des systèmes d'aides sociales.
Si le travail et la survivance économique furent le moteur des migrants du Maghreb vers la France, cette étude s'intéresse à ceux qui lors de la retraite n'ont plus les moyens d'y vivre, telle une migration inversée.
Cette étude basée sur l'interrogation des parcours individuels et la construction/re-création de communauté est l'objet d'un documentaire de sociologie visuelle dont nous verrons quelques extraits.

Jeudi 21 novembre 2013 de 12 à 14 heures


 

Migration inversée. Le choix d'une retraite au Maghreb. D'une réminiscence du passé à l'imparfait
Retour aux sources vers ce qui était leur territoire d'origine, fracture de vie, impossibilité en terme de pouvoir d'achat à vivre dignement en France, ... des retraités français migrent vers le soleil des pays du Maghreb.
Ce qui est présenté comme un phénomène médiatique pose au long terme la question du manque de structures adaptées, médicalisées lors du passage du troisième au quatrième âge dans ces pays où la culture rejette la création de "maison de retraite".
Cette recherche, par réflexivité, interroge notre propre société dans son rapport à l'individu vieillissant, aux structures familiales "modernes" incitant l'individu à migrer pour ne pas avoir à dépendre, de ses enfants, des systèmes d'aides sociales.
Si le travail et la survivance économique furent le moteur des migrants du Maghreb vers la France, cette étude s'intéresse à ceux qui lors de la retraite n'ont plus les moyens d'y vivre, telle une migration inversée.
Cette étude basée sur l'interrogation des parcours individuels et la construction/re-création de communauté est l'objet d'un documentaire de sociologie visuelle dont nous verrons quelques extraits.

Mots clés: Migration. Vieillissement. Sociologie visuelle et filmique.
Lundi 21 octobre 2013 de 12 à 14 h


| ACCÈS LIBRE
| RENSEIGNEMENTS : cdcs@ulb.ac.be | 02/650.33.61
| LIEU : Institut de Sociologie ULB | Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles
| Salle Henri Janne (15e niveau)